samedi 6 février 2021

Bhaktimàrga, le livre de La Voie






Le Bhaktimàrga

 

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Avant-propos




Ce livre, le Bhaktimàrga, est « Le livre de La Voie ». Le mot « bhaktimàrga » est un mot sanskrit, une langue morte des Indes et signifie : « La voie de la dévotion ». Bhakti, c'est la « dévotion » et « màrga », c'est la voie. « La Voie » est une spiritualité, une pratique, un moyen d'accomplir le propos de la vie. Comme toutes les pratiques spirituelles, issues d'une longue tradition, La Voie a une « sadhana », l'agya. Le mot sadhana est aussi sanskrit et veut dire : « ce qu'il faut faire ». Il désigne l'ensemble des pratiques et des préceptes d'une voie spirituelle. Un pratiquant de La Voie retrouve son enseignement dans des livres tels que « Le chant de l'éveillé » (Bhagavad-Gîtà), le « Tao-Te-king », « L'évangile de Jésus », le « Guru- Granth-Sahib », le « Yogasûtra » et bien évidemment le « Bhaktimàrga ».



Les premiers chapitres du Bhaktimàrga sont des versets venus à l'esprit du rédacteur après un « nirvikalpa-samadhi », ou « extase ». Le dernier chapitre, le quatre, intitulé : « Les angas de l'agya » est l'ensemble des préconisations morales qui sont le quatrième pilier de l'agya (la sadhana). Les quatre piliers sont : la méditation, le service, le satsang et les angas.



Pour ceux qui n'ont pas reçu la « Révélation » et qui ne pratiquent pas les quatre piliers de l'agya, la ressemblance entre les enseignements de La Voie et ceux des livres cités plus haut, n'est sans doute pas évident, pourtant la parenté est flagrante, surtout sur les versions de ces textes réécrits, retraduis sans les erreurs et les rajouts artificiels habituels. Leur lecture ne laisse aucun doute quant à la parfaite identité de ces différents enseignements, au-delà des langues et des contextes historiques particuliers à chaque pays.



Les spécialistes en spiritualités d'origines indiennes connaissent le « trimàrga », ou « voie vers la Libération » et ses différents composants, le jnana, le Karma et le bhakti-yoga. Mais ces mêmes spécialistes ne connaissent pas La Voie et sa « connaissance » (vijnana) qui leur est pourtant antérieure et les a inspirées. La Voie est peu connue sous ce nom en occident, car ce nom est récent.



Si je vous disais que La Voie est le Raja-yoga, vous vous diriez : « Je connais le raja-yoga ! », mais le « raja-yoga », ou « asthanga-yoga », comme ils sont pratiqués et enseignés partout dans le monde, n'ont rien à voir avec la pratique (l'Observance) de La Voie. Les techniques de méditation (au nombre de quatre) et les angas, le service, le satsang ne sont pas ceux des deux yogas dont je viens de vous parler. Le mot La Voie, en chinois ancien (d'avant le mandarin, à l'époque de Lao-Tseu et de Confucius) se disait « tao* » et pourtant La Voie n'est pas taoïste, même si nous reconnaissons Lao-Tseu comme un ancien maître-éveillé de La Voie et le Tao-Te-King, comme un livre de La Voie.

 

* Dans la nouvelle traduction du Tao-Te-King, le mot "Tao" a été écrit de deux façons différentes :  quand il nommait la voie spirituelle, la pratique, sa sadhana, le mot "tao" a été écrit avec un "t" minuscule. Quand il nommait le Tout, l'Unité, il a été écrit avec un "T" majuscule.



Si le Nom « La Voie », est récent sous cette forme, on trouve des traces de sa pratique sur des iconographies et poteries datant de cinq mille ans avant notre ère, retrouvées dans des fouilles archéologiques des bords de l'Indus, au Pakistan actuel (Mohenjo-Daro). Pour certains archéologues, les traces retrouvées prouveraient, tout au plus, qu'à cette époque, dans cette civilisation, on pratiquait une forme de méditation, sinon de yoga. Pour un initié à La Voie, les postures et les symboles qui entourent les artefacts retrouvés disent, sans l'ombre d'un doute, que dans cette civilisation de l'Indus, on pratiquait « La Voie ».



Quand on voit, sur une poterie, un homme assis jambes croisées sur un socle haut, posé sur trois pieds, on ne peut s'empêcher de penser aux trois principaux piliers, le service, le satsang et la méditation, sur lesquels repose la pratique de « La Voie ». Les dates de la fin de cette civilisation et du début du védisme correspondent et les Aryas, dans leur migration progressive vers le Nord de l'Inde, amenant avec eux le Sanskrit, rencontrèrent, dans le Cachemire actuel, un enseignement délivré par les descendants de la civilisation fraîchement disparue, à cause d’événements assez brutaux, comme des tremblements de Terre et le détournement d'un fleuve.



Certaines spiritualités et religions indiennes ou chinoises, sont ce qui reste de La Voie, une fois que les porteurs du message ont disparus. Quand la parole vivante se tait, les hommes transforment son message au fur et à mesure des années qui passent. La transmission se faisant souvent de bouche à oreille, comme pour les enseignements de Gautama (le bouddha historique) durant 450 ans avant d'être mis par écrits, vous imaginez les distorsions du message d'origine !



Des faits sont magnifiés et deviennent des légendes, pleines de miracles, chargées de considérations socio-culturelles, historiques et politiques qui cachent les perles de la vérité au milieu d'un tas de cailloux. Par exemple pour les évangiles : au milieu des citations des paroles de Jésus, les rédacteurs des évangiles, au fur et à mesure de la montée ''en-puissance'' du christianisme, ont incorporé des considérations morales et relaté des miracles pour impressionner les gens à convertir. Pour la Bhagavad-Gîtâ (Le chant de l'éveillé), les hindouistes l'ont récupérée en l'incorporant dans une ancienne épopée, le « Mahabharata ». Ils ont fait en sorte que le maître de cet enseignement soit oublié au profit de personnages mythiques, d'essence divine, comme krishna, Arjuna et tous les personnages du « Mahabharata. »